BIOGRAPHIE

:: Seul : Portrait d’un album

« Mon album c’est un deuxième conte de fées, c’est un sapin énorme, bondé de cadeaux ! » Des cadeaux offerts par Bryan Adams, Richard Cocciante, Didier Barbelivien, Aldo Nova et Luc Plamondon, pour ne nommer que ceux-là, que Garou avait soif d’étrenner en spectacle. « J’ai tellement hâte de chanter mes chansons sur scène parce que j’ai la certitude qu’elles vont procurer du bonheur aux gens. Et si je chante, c’est pour que les gens se réunissent. » Donner, pour rendre heureux.

Même si Garou a eu la chance de collaborer avec une des équipes les plus professionnelles au monde, il n’a rien concédé. Il souhaitait un album rassemblant différents compositeurs, réalisateurs, paroliers et autres magiciens de la création. Bref, un disque qui peut sembler des plus composites à prime abord mais surprenant de par l’homogénéité se dégageant de l’ensemble. « Même si je tenais à un album aux couleurs différentes, j’ai eu peur quand j’ai su qu’on tenait à impliquer des gens aussi disparates, par exemple, que David Foster, Bryan Adams et Didier Barbelivien. Mais au bout du compte, ce mélange-là devient homogène parce que toutes les personnes travaillant sur l’album me ressemblent, je ressemble à ces personnes-là et ça, c’est complètement moi au bout du compte… »

Ceux qui connaissent bien Garou savent ce dont il est capable en matière de composition de paroles et de musique. Lui qui joue de la guitare, de l’harmonica, de la trompette, du piano et de l’orgue aurait très bien pu tirer son épingle du jeu avec ses propres compositions. Il préfère cependant, pour l’instant du moins, laisser soin aux autres de le définir à travers eux. « Présentement, je souhaite surtout voyager dans l’imaginaire des autres, les laisser me recréer plutôt que de parler de mon passé. Chanter leurs chansons c’est un peu chanter l’avenir parce que découvrir l’univers de quelqu’un d’autre, c’est continuer d’avancer. »

Petites perles d’ailleurs que ces 14 chansons que l’on retrouve sur ‘Seul’ (Luc Plamondon/Romano Musumarra), titre de l’album et premier extrait qui brisa la glace de la carrière solo du chanteur. De concert avec Vito Luprano, Garou est parvenu au résultat final en triant parmi des dizaines de véritables bijoux. Sous la supervision de Humberto Gaticca, ingénieur et maître d’œuvre de cet album, des réalisateurs chevronnés ont mis la main à la pâte afin qu’une sonorité unique transpire de chacune des musiques.

Quant aux paroles, la moitié lui sont offertes par Luc Plamondon, son « père spirituel ». « Luc, pour moi, c’est la personne-clé de ma carrière. Si j’existe aujourd’hui en tant que chanteur et en tant qu’entité artistique, c’est grâce à Luc Plamondon. » Avec l’auteur, Garou a développé une complicité plus qu’évidente. « Luc m’arrive parfois avec des textes racontant des trucs dont je ne lui ai même pas encore parlés et qui sont totalement moi, je me vois sur sa feuille, il m’a dessiné dessus. »

Sur ‘Seul,’ certaines chansons sont plus ou moins engagées, dont “La moitié du ciel,” écrite par Élisabeth Anaïs sur une musique de Richard Cocciante. Elle dénonce la condition des femmes à travers le monde. Garou gardera sa vie durant le souvenir de son amie Isabelle, qui a trouvé la mort en 1996, violée et assassinée par trois hommes. « La femme, pour moi, c’est une image de pureté. Cette chanson me donne envie de crier au monde entier que je veux protéger ce qu’il y a de plus précieux, soit la femme. »

Le texte de la chanson “Criminel“ (Luc Plamondon/Franck Langolff) laisse sous-entendre un amour interdit, un désir malsain. « Ça n’a rien à voir avec mon vécu. En fait, “Criminel” propose la thèse et l’antithèse, le questionnement. La réponse est à l’intérieur de chaque personne. Un peu comme Socrate faisait en posant des questions aux gens, sans leur révéler la réponse. Il leur demandait de les résoudre par rapport à leur propre univers et leur propre vécu. Faut être conscient de ce qui est mal pour comprendre le bien. “Criminel” propose un questionnement. À chacun d’y répondre. »

Mais pour Garou, ce qui importe avant tout, c’est de répandre le bonheur. Un point c’est tout. « Je n’ai pas de chansons réellement engagées, à la "protest song". Je suis engagé dans le bonheur, dans l’amour, dans le goût de vivre et dans l’authenticité.»

« Cet album, j’y crois au maximum parce que je suis certain qu’on a fait les choses bien et qu’on a été authentiques. Je n’ai absolument peur de rien là-dedans. »

Aujourd’hui, toute l’équipe qui a travaillé à la conception de Seul est du même avis. Un album imaginé, façonné, réalisé, joué, produit et chanté avec passion. Au rythme des battements du cœur de ses artisans. À écouter avec cœur…