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L’épreuve de l’audition derrière lui, Garou prend peu à peu conscience de l’incroyable opportunité qui s’offre à lui. Cependant, à la lecture du roman de Victor Hugo, l’angoisse le gagne. S’égosiller face à des centaines de spectateurs ne l’inquiète pas le moins du monde, sachant que le plaisir qu’il éprouvera alors sera certes contagieux. L’idée d’avoir à jouer un personnage, par contre, le turlupine au point où il envisage de tout laisser tomber. Il ne savait pas que la graine d’acteur germait déjà en lui depuis longtemps. Son côté instinctif allait faire tout le travail. « Un jour, j’ai engueulé Gilles Maheu, le metteur en scène. Il me laissait me débrouiller seul la plupart du temps alors que j’avais besoin qu’on me guide davantage. Il m’a simplement dit, en souriant : "Continue comme tu le faisais, c’est exactement ça qu’il faut.” »
Des mois durant à Paris, Montréal, Lyon, Bruxelles ou encore Londres, dans la version anglaise de Notre-Dame de Paris, Garou pénétrera son personnage de façon magistrale. Et dire qu’à prime abord, il ne s’imaginait nullement acteur… Il a pourtant su merveilleusement témoigner de la détresse de Quasimodo non seulement par sa voix, mais également par la richesse de ses émotions, transcendées dans celles du bossu. « Chaque soir j’entrais dans la peau de Quasimodo, du mal-aimé, du rejeté. Paradoxalement, j’en sortais pour vivre l’amour du public à mon égard. C’était très déstabilisant. »
Il remporte par la suite le trophée Félix Révélation de l’année 1999 au Québec, un prix aux World Music Awards pour la chanson “Belle“ de même qu’un trophée Victoire pour la même chanson. “Belle“ fut par ailleurs votée meilleure chanson des 50 dernières années par le public français.